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Protocole de tournage

De la préparation du matériel de tournage jusqu’à la livraison des rushes

Bonnes procédure générales

Avant le début du tournage, réglez la caméra et l’enregistreur audio (et plus généralement tout appareil utilisé sur le tournage) :
– à la date et à l’heure du jour
– à la bonne fréquence d’image (généralement 25 images/seconde)
– à la bonne définition (généralement UHD 3840*2160 pixels)
– au bon codec permettant d’assurer la meilleure qualité d’enregistrement permise par l’appareil (codec « intra » plutôt que « long GOP », débit élevé, qualité maximale)
– au bon espace colorimétrique de préférence en Log / Flat pour l’étalonnage (par exemple Gamma: Slog3 et Gamut: SGamut3.Cine) sinon en Rec 709
– à la création de fichiers au nom unique et incrémentiel contenant la date de tournage (si la caméra le permet)

Attention : le choix d’un ratio d’image visible différent du 16/9 (standard en télévision) doit avoir fait l’objet d’une validation au préalable par la production.

Pensez à formater les cartes dans l’appareil d’enregistrement la veille ou le matin avant le tournage.

Synchronisation image et son / multicaméra

On ne doit pas se reposer uniquement sur la synchronisation du Time-Code (Genlock) en tournage : parfois cela fonctionne bien et c’est tant mieux, car c’est une aide précieuse pour la préparation du projet de montage. Souvent ça n’est pas assez fiable (Time-Code qui dérive, appareils non compatibles, bug, mauvais réglage, …).
Dans tous les cas : se reposer uniquement sur le Time-Code ne suffit pas !

Deux axes de réflexion pour rendre la postproduction moins longue, sans trop pénaliser le tournage :
1/ Limiter le nombre de manipulations nécessaires en postproduction, donc réduire le nombre de fichiers à traiter
2/ Limiter le temps passé à synchroniser chaque fichier, donc donner un maximum de repères à l’assistant•e monteur•se qui va préparer le projet.

1/ Pour réduire le nombre de fichiers, quelques pistes :

  • Générer moins de fichiers, quitte à faire des plans plus longs. Par exemple : pas besoin de couper la caméra pour les quelques secondes de recadrage ou de rattrapage de point entre les deux prises d’un même plan. En effet, cela prend moins de temps à l’assistant•e monteur•se de manipuler (= importer, déplacer, renommer, trier, synchroniser, …) un seul rush de 2 minutes plutôt que 4 rushes de 30 secondes.
    Quand cela est possible, le·la cadreur·euse peut placer sa main devant la caméra lorsqu’on ne coupe pas et que l’image est inutilisable (par exemple : l’action est lancée mais, finalement, un projecteur doit encore être réglé), pour que ces segments inutiles soient rapidement identifiés au montage.
    Il faut donc parfois, dès le tournage, raisonner plutôt en nombre de fichiers (donc d’interruption d’enregistrement) plutôt qu’en durée globale d’enregistrement. En effet, la capacité des supports d’enregistrement contraint rarement à devoir économiser quelques secondes ou quelques Go sur les cartes et sur les disques.
    Ce conseil est laissé au cas par cas à l’appréciation du chef opérateur ou du réalisateur : à contrario on évitera de laisser tourner pendant 40 minutes si seules les 30 premières secondes et les 30 dernières secondes sont utiles.
  • Si la prise de son ne comporte qu’un ou deux micros, alors la mixette son doit être branchée à la caméra et l’enregistreur audio n’enregistre pas (ou alors en secours). Cela doit notamment être le cas sur tous les plans d’illustration, quand le dispositif de prise de son le permet.
    Le son des micros externes (= réglés par le preneur de son) est ainsi enregistré directement sur la caméra, donc pas de fichier audio séparé à synchroniser, et pas de piste audio de caméra à supprimer lors de la synchronisation en postproduction.

2/ Pour faciliter la synchronisation, qui s’applique notamment en tournage lors des exceptions suivantes :
– si la prise de son comporte plus de deux micros
ou
– s’il est impossible pour des raisons pratiques de brancher les sorties de la mixette aux entrées micros de la caméra

2a/ Le Time Code doit-être synchronisé de manière fiable sur tous les appareils autant que possible :
– réglage du Time-Code à l’heure du jour
– utilisation d’une liaison Time-Code permanente entre les appareils (Seppia dispose de deux boîtiers Betso)
– utilisation d’une liaison Time-Code ponctuelle (au moins deux fois par jour) et du mode Rec-Run

2b/ En complément, une annonce sonore et un clap doivent être impérativement et systématiquement enregistrés sur tous les appareils à synchroniser.
L’annonce vocale qui précède le clap aura de préférence un rôle utile pour la postproduction : on peut à la fois renseigner sur le contenu de ce qui va suivre et sur le dispositif technique, notamment le nombre d’appareils enregistreurs (par exemple « interview monsieur Machin, deux caméras et un son divergé » CLAP) afin qu’on sache en postproduction combien de fichiers différents devront être synchronisés ensemble. Mais il peut s’agir d’une simple énonciation de la date et de l’heure (par exemple « vingt-quatre septembre deux-mille-vingt-quatre, neuf heures dix-sept » CLAP). Dans ce cas c’est bien plus utile si le Time-Code correspond à peu près à l’heure courante.

Contrairement à une croyance populaire tenace, il semblerait qu’il soit possible de claper en documentaire…

Il peut s’agir d’un clap de fin si on a raté le clap de début ; il est même recommandé de faire les deux (clap de début + clap de fin) autant que possible, surtout sur les prises longues et maîtrisées (interviews posées, par exemple, quand on a le temps de se préparer entre « Moteur » et « Action », puis avant de couper).
Par convention, on tient le clap à l’envers lorsqu’il s’agit d’un clap de fin.

En résumé, idéalement, sur un tournage multi-appareils (caméras ou enregistreurs audio) :
– Réglage du Time-Code sur l’heure actuelle
– Synchronisation du Time-Code en Free Run entre tous les appareils
– Silence
– Moteur
– « 15 septembre, 14h17, interview Madame Michu, trois caméras et un enregistreur audio, prise 2 »
– Clap
– Action
– Clap de fin
– Coupez

3/ Les sons d’ambiance (= sons seuls = Wild Tracks) doivent être clairement identifiés dans le rapport son.
Ils doivent aussi autant que possible être enregistrés de manière isolée (= pas en même temps qu’une caméra qui filme par ailleurs), afin d’éviter de perdre du temps à essayer de synchroniser le son et la vidéo de deux fichiers qui auront le même Time-Code mais qui ne vont pas ensemble, car ils ont été enregistrés simultanément à deux endroits différents.

Pendant le tournage, à chaque changement de carte, il est recommandé d’étiqueter les cartes avec un morceau de gaffer, en notant dans l’ordre : lettre du corps caméra – numéro de carte – lettre du corps de carte : A001-A / A002-B / A003-A… (exemple de nomenclatures avec 2 cartes sur le corps de caméra A).
Coller l’étiquette sur la carte ou sur son étui, la coller sur le flanc de la caméra (en recouvrant le port de carte avec l’étiquette) quand la carte est en cours d’utilisation.
Quand la carte est retirée de la caméra, la couvrir avec l’étiquette de telle sorte qu’elle ne puisse pas être réutilisée par accident avant les copies de sauvegardes (par exemple : si la carte est dans un étui, sceller l’étui à l’aide de l’étiquette).

À l’issue du tournage

Copier le contenu intégral de chacune des cartes des différents appareils, de manière identique sur chacun des deux disques durs externes, qui devront former une paire de « clones » l’un de l’autre, au contenu parfaitement identique sur chacun des deux supports.

Sauf demande explicite ou indication contraire, les disque durs fournis sont effacés au format ExFAT avec une carte de partition GUID

Toujours copier les dossiers entiers (= le contenu de la carte entière) et pas seulement les fichiers vidéos.

En complément, il est également possible de téléverser les rushes sur notre serveur FTP : Échanger des fichiers avec Seppia via SFTP

L’idée générale est de ranger dans une arborescence :
– par jour
– puis par appareil (camera A ; camera B ; enregistreur audio)
– puis par carte/support (camera A carte 1, camera A carte 2)
en n’ayant que des noms de dossiers uniques, dont le nom commence par la date du jour de tournage

Attention à ne pas utiliser d’accent, virgule, slash, apostrophe, signe de ponctuation ni tout autre caractère spécial dans les noms de fichiers ni de dossiers. La nomenclature des dossiers et des fichiers doit s’en tenir au 26 lettres et 10 chiffres de base.
Les espaces seront remplacés par des traitsdunion ou des _soulignages_

Sur les disques durs externes, les rushes doivent être rangés dans des dossiers nommé à la date du jour de tournage, sous la forme AAAA-MM-JJ.

Si le tournage comporte un enregistreur audio séparé de la caméra, il faut y créer deux sous-dossiers AAAA-MM-JJ_image et AAAA-MM-JJ_son.

Dossiers et sous-dossiers à créer sur les disques durs externes de déchargement

De même, si le tournage comporte deux caméras, ou plusieurs cartes pour une même journée de tournage, on peut faire encore un sous-dossier AAAA-MM-JJ_images_carte1 dans le dossier AAAA-MM-JJ_image.

Ainsi nommés, un tri des dossier par nom formera également un tri par date :

À l’issue de la copie vérifier rapidement le nombre de rushes par carte, le poids total. Si le temps le permet, vérifier dans DaVinci Resolve par exemple, l’intégrité des rushes (= qu’ils soient tous lisibles, sans « Media Offline »).
Faire une capture d’écran affichant les informations suivantes : infos carte, infos disque 1 et disque 2, et sauvegarder ces captures dans un dossier spécifique sur chaque disque.